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Béatrice GRAAS

 

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Voir aussi pour plus d'infos (cv, actualités, etc...) : www.beatricegraas.be

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L’oeil attentif et le sourire discret de Béatrice GRAAS se reflète sur sa production artistique - peinture et gravure - pour lui donner un taux élevé de complicité ironique. Venue de la peinture, où elle cultivait le non-figuratif, Béatrice n’a pas abandonné ses pinceaux en découvrant la diversité de l’univers gravé. Elle a ressenti cette révélation comme une re-naissance ouvrant des perspectives nouvelles aux compositions dont son imagination portait les virtualités.

Dès lors, dans ses gravures, mais aussi dans ses tableaux, elle va se raconter - mais aussi nous raconter, à son gré - des histoires dans lesquelles le plus souvent des animaux sont les personnages. Qu’on ne se méprenne pas : il n’y a là aucune illustration plus ou moins anthropomorphique de contes ou de fables. Un graphisme très libéré, des couleurs où se poursuivent des rêves d’enfant font de ses compositions des portraits décalés d’individus ou de sociétés que chacun reste libre d’interpréter. Toujours, cependant, on y retrouve une pointe de cet humour qui, plutôt que d’être mordant, désamorce le ton sentencieux que d’aucuns voudraient mettre dans ce qui n’est pas non plus une  démonstration. C’est un peu comme si Béatrice tendait un miroir au visiteur en lui disant : " Regarde comme tu es drôle quand tu te prends au sérieux ! " D’où la jubilation que l’on ressent devant ces oeuvres en clin d’oeil : la faconde du graphisme et l’allégresse de la couleur nous font partager l’invention de l’artiste en riant subtilement " avec " nous-mêmes sans blesser personne.  
 Albert MOXHET- mai 1998 (avec son aimable autorisation)

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sous ses airs de « veaux, vaches, cochons, couvées », l’œuvre de Béatrice Graas, dont le nom et le prénom résonnent déjà comme une promesse de paradis, se révèle moins fleur bleue que ne le laisserait supposer un coup d’œil rapide. A y regarder de plus près, sa « petite maison dans la prairie » s’est retrouvée englobée dans un quartier de banlieue, sans pourtant être vouée à la démolition. Un peu comme si l’enfant de chœur était devenue rappeuse sans toutefois renier ses acquis. Un peu comme si l’eau de rose s’était alliée aux feux de la colère. Rien de fabriqué cependant, que du vécu. La petite fille modèle est devenue « ado » avant d’assumer l’âge adulte. Somme toute assez banal, sauf si on devient artiste et que l’on traduit son parcours en tableaux peints ou gravés.


Le goût du dessin chevillé au corps et à l’âme, elle a cependant dû attendre près d’un quart de siècle avant de s’y adonner à plein temps et subir au passage, éducation stricte, humanités classiques et tentatives d’intégration pour enfin se rendre à l’évidence : l’art et rien d’autre.
Son oeuvre s’en imprègne. Si le monde de l’enfance s’y retrouve, c’est indéniable, tags et graffitis lui répondent d’égal à égal. Si les images et les textes qu’elle y insère peuvent se comparer à ceux d’un carnet de poésie de jeune fille bien mise, elle les intègre sur des toiles traitées à la manière de murs (dé)crépis de cités, alliant, dans son cas, acrylique, colle et sable. La juxtaposition de ces éléments disparates pourrait d’ailleurs ne rester que barbouillage si une formation aux arts plastiques ne lui avait apporté la rigueur du métier.
Ses toiles peuvent ainsi s’apprécier à deux niveaux : une impression générale où l’équilibre des compositions et le choix des gammes chromatiques retiennent l’attention, invitant le regard à se poser plus près. Une lecture plus attentive laisse alors y découvrir tout un patchwork de souvenirs anciens ou récents.

Et quand Béatrice Graas se met à la gravure, c’est encore une technique de la prime enfance qu’elle affectionne : le lino, que les petites têtes blondes pratiquent dès la maternelle. Ici, moins de liberté. L’estampe a des exigences particulières que la peinture permet d’éluder. Son travail doit y prendre un chemin plus réfléchi, plus calculé. Cette distance mise dans l’acte créateur, elle la met alors à profit pour épurer son propos, pousser sa recherche au-delà de l’impulsion. Beaucoup y voient un surcroît de qualité. D’autres y trouvent un frein à la spontanéité. L’artiste rétorque que la légèreté du rendu en peinture requière également que l’on s’y attarde. Quelque soit le support, tags, vaches, mots, gribouillages, zippopotames, cirque, hôpital, canapé fourni avec l’animal de compagnie ad-hoc, vacances, fermes, poules et singes constituent l’univers récurrent de l’artiste. Elle nous le livre, souvent accompagné d’une bonne dose d’humour, mais aussi parfois de gravité, un peu comme un carnet de vie, égrainant toiles et gravures comme d’autres tiendraient un journal intime publiable au gré des éditions ou des expositions. Suite au prochain épisode. Louis Simaÿs (février 2008)
 

            
 

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